[JDR] Divine Agonie, La genèse d’une Drow

Mes chers amis,

Vous trouverez ci-dessous le premier volet de l’histoire de mon personnage Lyd’El Srow pour le jeu de rôle Divine Agonie. Comme je vous l’ai déjà précisé, notre campagne commence ce dimanche 10 Janvier 2016 et vous pourrez suivre nos aventures au travers des récits mon personnage, une Efle noire peu commode. Celui d’aujourd’hui raconte la genèse de ma Drow, juste avant le début de la campagne. La suite suivra rapidement.

Bonne lecture et surtout n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez car c’est la première fois que je me lance dans l’écriture d’une telle histoire.

Si vous n’avez pas lu l’Introduction à l’univers de Divine Agonie, je vous invite à le lire en premier !

Il est une beauté qui ne s’épuise jamais aux yeux de ceux qui vivent à la surface. Elle accompagne ces êtres de lumière de leur naissance jusqu’à leur dernier souffle. Elle les apaise, les rassure, met fin à leurs cauchemars les plus inquiétants. Elle est la délivrance d’une nuit trop longue, un synonyme d’espoir, de renouveau.

L’aube restera pour eux, la plus chaleureuse des trêves !

Pour moi, elle n’est que le début d’une longue et divine agonie… voilà tout ce que je ressens. La froideur qu’elle apporte dans mon cœur et dans mon corps ne cessera jamais de me glacer. Cette douleur fera toujours partie de mon quotidien et chaque jour qui passe continuera d’apporter cette lumière qui brûle tant mes yeux, pourtant devenus aveugles depuis bien longtemps.

L’aube est une faiblesse qui me donne envie de me confesser et je me sens l’ivresse de te raconter mon histoire. N’aies pas peur de moi, pas encore. Je suis certes une Elfe noire, la mort coule dans mes veines, mais tu ne crains rien ici.

Il existe tant d’histoires sur notre race, que je me méprends parfois moi-même. Comme tous mes pairs, j’ai le goût du sang et le meurtre est mon unique consolation.

Je suis Lyd’El Lidaris, devenue grande prêtresse de Malyiendor, l’une des principales cités souterraines des Elfes noirs. Je suis la matrone de la maison Lidaris, désormais première maison du conseil de notre bien aimée déesse Lloth. Évidement, tu sais que ce sont les femelles qui gouvernent notre société. Ainsi, tu conviendras facilement de l’importance de mon rang et du pouvoir qui m’est donné.
Lid'El Srow

Mon nom ne te dis rien ? Tu as peut-être entendu parler de moi en tant que Lyd’El Srow, l’Elfe noire sans maison et sans nom, l’orpheline de sang noble… la seule qui n’ait jamais vu le regard de Lloth se détourner de sa destinée. Cela fait des centaines d’années que je ne porte plus ce nom car j’ai depuis repris les rênes de ma maison et reconstruit ma famille.  Oui, reconstruit, car je ne suis pas née orpheline comme on le prétend.

Ma mère, Adrane Lidaris était aussi fanatique que lâche, deux traits de caractères qui ne font ni honneur ni gloire à une maison qui aspire le respect et la crainte. Encore aujourd’hui, quand je pense à elle, j’ai des élans de violence et de haine incontrôlables… j’aurais aimé la tuer chaque jour qui passe, revivre cet instant d’extase où je plantais ma lame dans ses entrailles, tuant au passage ma future et insignifiante troisième sœur.

Avant de mettre fin à sa vie, je revois ma mère me suppliant d’arrêter ce que dans ma famille nous appelions le tourment du sourire sans fin. Une technique efficace inventée par cette dernière, qu’elle appliquait régulièrement sur moi dans le but de « peaufiner mon éducation » comme elle aimait le dire. Sa peur du plus fort développait en elle une singulière cruauté envers ceux qui ne pouvaient se défendre. Ainsi, deux fois par an, elle me gardait enfermée durant des jours, attachée à une chaise sans eau ni nourriture. Elle me rendait visite toutes les 3 heures afin d’arracher une à une toutes mes dents. Pendant le supplice, je devais réciter des prières à la gloire de Lloth et en cas d’erreur elle m’aspergeait la bouche ensanglantée et meurtrie d’un quelconque acide. Une façon pour elle de purifier mes erreurs et mes maladresses. Elle craignait le courroux de Lloth par-dessus tout et voyait en cette pratique une façon de la satisfaire. Elle s’appliquait donc pour que le calvaire dure, et il fallait lui reconnaître qu’elle était très douée pour ça. Une fois l’œuvre terminée, elle invoquait l’un des seuls sorts qu’elle savait maitriser. Elle me faisait repousser les dents en vue d’une prochaine séance 3 heures plus tard. Ainsi, mon éducation fut faite et mon sourire sans fin…

Un début de vie idéale pour me préparer à celle que j’allais mener. Poussée aux limites de ce que mon esprit et mon corps pouvaient endurer, je signais ma propre mort en proposant à Lloth un pacte hasardeux. Je m’engageais à devenir la plus grande prêtresse dévouée à ses plus noirs désirs, en échange de quoi elle m’autoriserait à tuer chaque membre de ma famille sans risquer son abandon. J’aurais dû mourir pour avoir osé projeter un tel dessin car tuer sa famille, même pour des Elfes noirs, restait un crime impardonnable dans notre société. Pourtant contre toute attente, ce plan la réjouit et elle m’accorda sa bénédiction.

Elle m’aida même dans mon entreprise meurtrière. Ma mère fut la dernière à mourir. Je voulais qu’elle regarde périr sa maison et ses rêves insensés de pouvoir, qu’elle voie Lloth l’abandonner et me soutenir, elle qui m’avait tant blessée pour la contenter. J’arrachais pour la dernière fois ses dents, les fis fondre pour les transformer en une pierre d’un blanc éclatant. Cet artefact, rempli de ma haine et de ma vengeance enfin accomplie, allait me permettre de canaliser ma force et ma puissance. Elle décupla mes capacités et me permis d’apprendre avec un appétit féroce tout ce qui devait constituer mon futur Art. Je partis de la cité de Malyiendor, laissant les maisons se déchirer pour s’accaparer la place du conseil, désormais libre.

Sous les ordres de ma déesse, je fis route à l’est, pour rejoindre Taketomi-Jima, appelé également l’île sans ombre car aucune lumière ne semblait pouvoir pénétrer les fortifications qui protégeaient l’endroit des visiteurs non désirés. Là-bas, un groupe de magiciens noirs très puissants, au service de Lloth également, attendaient ma venue. Ils devaient me léguer leur savoir afin que je devinsse cette prêtresse si puissante que ma déesse désirait. La perspective de m’éloigner le plus possible de Malyiendor ne m’était pas désagréable, je souhaitais changer de vie, prendre enfin le contrôle de mes dons et devenir la glorieuse matrone que notre maison méritait depuis si longtemps. Je me jurais de revenir un jour à Malyiendor pour reprendre les rênes de ma maison et accomplir les funestes projets de Lloth aussi loin que mes capacités le permettraient.

Il me fallut plus de 150 ans pour arriver à maîtriser difficilement les sorts et rituels de base et le double pour une obtenir le titre d’apprenti supérieur. Ma haine et ma soif de pouvoir alimentait mon manque de concentration et une centaine d’années de plus me fut nécessaire pour enfin atteindre la satisfaction de mes maîtres. Ces derniers avaient hérité de la monstruosité de ma déesse et auraient pu rendre mon séjour encore bien plus abominable si, comme toi, ils n’avaient pas eu aussi peur de moi. Comment ces moins que rien, ces vulgaires mâles… comment pouvaient-ils oser lever la main sur moi, prendre possession de mon corps si impunément, si souvent ? Comment Lloth pouvait-elle tolérer un tel comportement ?

Je contrôlais difficilement mes excès de rage, mais jamais je ne remis en cause ma loyauté vis à vis de ma déesse. Elle avait ma vie entre ses mains, je me devais d’accepter son jugement. J’endurais avec obéissance les sévices durant toutes ces années, en émasculant deux ou trois de ces vicieux au passage histoire de les faire hésiter avant de revenir me voir.

Des années plus tard, je compris enfin pourquoi ma déesse avait agi ainsi. Elle voulait se débarrasser de ces prêtres répugnants et orgueilleux. Ils écoutaient de moins en moins ses ordres et se montraient bien trop arrogants avec elle. Cela ne pouvait plus durer et c’est à ce moment-là que je fis mon apparition. Je tombais bien, ce qui explique qu’elle accepta mon pacte et la mise à mort de ma famille aussi facilement. Elle voulait qu’une personne de confiance – ou plutôt qu’un pantin qui pouvait lui dévouer sa vie – reprît leur savoir et leur connaissance. En les laissant s’occuper de moi à leur guise, elle développa ma haine à leur égard, et ma volonté de revanche.

A la fin de mon apprentissage, je massacrais chaque prêtre, apprenti, garçon de chambre et autres médiocres races de Taketomi-Jima. Dès lors, on nomma l’île Mujima, île du néant. Je pris place à bord d’une embarcation commerciale en direction de l’Odry et retournais sur le continent. Lloth m’avait informé que ma préparation était finie et qu’il était tant que j’agisse pour elle. Elle ne me révéla rien de son plan, ni même la raison pour laquelle je devais me rendre là-bas, mais j’obéis. Je me fis discrète lors de la traversée, j’avais besoin que ces idiots d’humains me transportent là-bas rapidement. Aucun d’entre eux ne me remarqua, même pas lorsque que le bateau sombra en pleine mer lors d’une tempête d’une extrême violence.

Je n’ai malheureusement que très peu de souvenirs de cet événement. Tous les marins périrent sans exception, mais pas moi. Cela ne tint en rien d’un miracle. Tu serais bien bête de croire que les miracles existent. Nos vies sont entre les mains de nos dieux tant que nous croyons en eux et je te rappelle que Lloth veille sur moi.

Le lendemain, je rouvris difficilement les yeux, la tête lourde et des courbatures tout le long du corps. Je mis plus d’une heure à me relever… je me sentais si faible et tellement vulnérable, surtout avec ce soleil aveuglant. Au bout d’un certain temps, je repris suffisamment de force, pour faire un état de ma situation. Celui-ci fut rapide car par malheur, je ne me souvenais de rien.

Qui étais-je ? Où m’étais-je échouée ? Plus aucun souvenir ou indice sur ma provenance. Je portais juste sur moi juste un collier munis d’une pierre incroyablement blanche, une sorte de poupée de chiffon fixée sur ma hanche et des habits d’allure orientale. Je ne le savais pas à ce moment, mais les desseins de ma déesse furent dès lors cruellement menacés. J’avais en moi tout la connaissance des prêtes que j’avais tué, si je n’étais pas capable de m’en souvenir, tout ce savoir serait perdu.

Je titubais jusqu’à ville de Ferlas, une sale ville minière, tout juste située à la frontière entre l’Odry du nord et l’Odry du sud. Il me revint vite en mémoire que les humains n’aiment guère les elfes noirs (ce qui est réciproque). Les cris des grosses femmes idiotes et les coups de leurs maris ivres, me forcèrent à chercher un abri, il me fallait reprendre des forces et obtenir de l’argent au plus vite.

En glissant dans une ruelle sombre, j’entendis derrière moi les beuglements d’un humain un peu plus stupide que les autres. C’était un soi-disant crieur de rue. Il baragouina des propos concernant une grande cérémonie de la Lune de Crystal. Lors de son annonce, un nom d’homme retint mon attention. J’avais le pressentiment que cette personne pourrait avoir des informations sur mon identité. Il fallait que je retrouve ma mémoire au plus vite. C’était ma seule chance !

En me retournant, je croisais les regards des deux êtres qui se trouvaient à ce moment-là dans cette même ruelle, un nain et un ogre, à l’allure aussi misérable que la mienne. L’annonce ne leur avaient pas échappée à eux non-plus, et je vis dans leur yeux vitreux le désir soudain de s’y rendre.

Quand je me remémore cette scène, je me dis que jamais cela n’aurait dû arriver, mais j’étais faible, à la rue, pauvre et amnésique… pour la première fois de ma vie, j’avais besoin d’aide…

 

Téléchargez la version PDF de Lyd’el Srow – Le genese – part 1

 

 

 

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